Une journée typique de ma vie de dysphagique

 

Une journée typique de ma vie en tant que personne dysphagique

 

De l’extérieur, une personne dysphagique passe souvent inaperçue, contrairement à quelqu’un vivant avec un handicap physique visible. Pourtant, son quotidien est réglé au quart de tour.

Depuis plus de trois ans, à la suite d’un examen médical qui a mal tourné, je vis avec une trachéotomie et une gastrostomie. Voici à quoi ressemblent mes journées.

Le matin : un départ très encadré

Je me réveille tôt, entre 4 h et 5 h. Mon premier geste est toujours le même : préparer mon café.

J’en suis accro, et c’est probablement la dernière chose que j’abandonnerai.

En raison du degré de ma dysphagie, j’ajoute un épaississant E‑Z Thick pour obtenir une texture de pouding. Je bois donc mon café… à la cuillère.

Pendant que je savoure ce moment, je fais mes exercices pour renforcer les muscles de ma gorge ainsi que mes exercices vocaux.

Pour le petit déjeuner, je prends un bol de salade de fruits du marché, sans sirop, et je m’administre une bouteille d’Iso source  Fibre+  via ma gastrostomie. Ma médication est réduite en poudre, puisque je ne peux plus avaler de comprimés et administré via ma gastrostomie.

Le repas se fait lentement, en position bien droite, avec de petites bouchées et des pauses régulières pour éviter la fatigue.

Après avoir mangé, je nettoie ma gastrostomie et ma trachéo.

En milieu de matinée, je bois de l’eau à l’aide d’une éponge buccale, puis je poursuis mes activités quotidiennes.

Je sors ensuite du congélateur ce que j’ai prévu pour le dîner.

Le repas du midi est souvent le plus important de la journée.

La préparation demande du temps : mixer, hacher, épaissir au besoin.

Mon assiette se compose généralement de poisson, de porc ou de poulet mixé et moulé, accompagné de légumes très bien cuits et coupés en minuscules morceaux, ainsi que de purée de pommes de terre. Je prends aussi une autre bouteille d’Iso source.

Avec une diète purée, il est presque impossible d’atteindre le nombre de calories nécessaires pour maintenir son poids et éviter la dénutrition.

Je vérifie toujours la température des aliments, car trop chaud ou trop froid complique la déglutition.

Je mange dans le calme, sans distractions, pour rester concentrée sur chaque déglutition.

Après le repas, je reste assise 20 à 30 minutes pour prévenir les reflux, puis je nettoie ma stomie.

En après-midi, je prends une collation : purée de fruits, pouding, lentilles rôties bien mastiquées ou mini crisps.

Je m’hydrate régulièrement à l’éponge.

Je m’offre parfois un petit verre de vin blanc (1/2 tasse) avec des glaçons qui je bois à l’éponge.

Nul doute qu’il n’y a aucun danger à dépasser la limite car cela me prend presque 2 heures pour le boire.

Le soir : un repas léger et un brin de frustration

Le souper est généralement le repas le plus léger et accompagné d’une bouteille d’iso source.

Il m’arrive de ressentir de la frustration en voyant mon conjoint manger normalement, mais j’ai développé des stratégies pour conserver le plaisir du repas : une belle présentation, des saveurs variées, des couleurs.

La soirée : entre envie et fatigue

Le soir, je regarde la télévision avec mon conjoint… et je salive devant toutes les publicités de fast-food.

Mon cerveau, lui, n’a rien oublié : le goût d’un sous-marin, d’une pizza, d’un hamburger ou de tout autre plat que je ne pourrai plus manger. Ce qui me manque le plus c’est les fruits et légumes frais en autre une salade césar.

Environ 1 heure avant le coucher médication broyer via gastrostomie, nettoyage de la stomie et de la trachéo.

La fatigue parfois se fait sentir, car la dysphagie demande énormément d’énergie mentale et physique.

Je dors en position semi-assise pour faciliter la descente du mucus durant la nuit.

En résumé

La journée d’une personne dysphagique est rythmée par :

  • une vigilance constante,
  • l’adaptation des textures,
  • la lenteur volontaire,
  • la rééducation,
  • la gestion de la fatigue,
  • la recherche de sécurité à chaque repas.

Mais elle est aussi marquée par une grande résilience, une capacité d’adaptation et la volonté de préserver, malgré tout, le plaisir de manger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Témoignage d’une maman

Témoignage d’une maman

Les gens ont tendance à associer dysphagie à personnes âgées.

Détromper vous la dysphagie attaque toute les catégories d’âges bébés, enfants, adolescents adultes et évidemment personnes âgées.

Vivre avec un enfant dysphagique transforme le quotidien des parents d’une manière profonde, souvent invisible pour le reste du monde. C’est une expérience faite de vigilance constante, d’adaptations créatives, de fatigue émotionnelle… mais aussi d’une force et d’une résilience qui se construisent jour après jour.

J’ai eu l’opportunité de discuter avec une maman d’un enfant de 9 ans dysphagique du a une malformation de la gorge, une sténose de la gorge.

Voici un peu ce  que vivent souvent les parents d’un enfant dysphagique.

Une attention permanente aux repas

  • Chaque bouchée est surveillée.
  • Les textures doivent être adaptées, parfois mixées, épaissies ou modifiées selon les recommandations médicales.
  • Le repas, qui devrait être un moment simple, devient un acte technique, parfois stressant.

La peur de l’étouffement

  • Beaucoup de parents vivent avec une appréhension diffuse, parfois quotidienne.
  • Le moindre toussotement peut déclencher une montée d’adrénaline.
  • Cette vigilance peut rendre les repas épuisants mentalement.

Un sentiment d’isolement

  • Les autres familles ne comprennent pas toujours pourquoi « un simple repas » demande autant de préparation.
  • Les sorties au restaurant, les fêtes d’enfants, les repas de famille deviennent des défis logistiques ou émotionnels.
  • Certains parents finissent par éviter ces situations pour préserver leur enfant… et eux-mêmes.

 

 La charge émotionnelle

  • La culpabilité (« Est-ce que je fais assez bien ? »).
  • L’inquiétude pour la croissance, la nutrition, l’avenir.
  • La frustration face aux rendez-vous médicaux, aux délais, aux essais-erreurs.

 

Une expertise qui se développe malgré eux

Avec le temps, les parents deviennent :

  • des spécialistes des textures,
  • des observateurs fins des signaux corporels de leur enfant,
  • des coordinateurs entre orthophonistes, nutritionnistes, pédiatres.
  • des inventeurs de recettes adaptées.
  • des défenseurs de leur enfant dans les milieux scolaires et sociaux.

 

Des moments de victoire

Ils existent, et ils comptent :

  • une nouvelle texture tolérée.
  • un repas sans stress.
  • un progrès en thérapie.
  • un sourire de l’enfant qui mange avec plaisir.

 

Ces petites victoires ont souvent une valeur immense.

Ce qu’on oublie souvent c’est que les parents d’un enfant dysphagique ne cherchent pas la perfection. Ils cherchent la sécurité, la dignité et le plaisir de leur enfant. Ils jonglent entre la peur et l’amour, entre la technique et la tendresse.

Ils méritent d’être entourés, soutenus et compris.

 

On associe encore trop souvent la dysphagie aux personnes âgées.

Pourtant, c’est faux : la dysphagie touche tous les âges  bébés, enfants, adolescents, adultes et, bien sûr les aînés.

Vivre avec un enfant dysphagique transforme profondément le quotidien des parents.

C’est une réalité souvent invisible pour le reste du monde, faite de vigilance constante, d’adaptations créatives, de fatigue émotionnelle… mais aussi d’une force et d’une résilience qui se construisent jour après jour.

J’ai récemment échangé avec une maman dont le garçon de 9 ans vit avec une dysphagie liée à une malformation de la gorge, une sténose. Son témoignage reflète ce que vivent tant de familles.

Une attention de chaque instant aux repas

  • Chaque bouchée est observée.
  • Les textures doivent être adaptées, mixées, épaissies ou modifiées selon les recommandations médicales.
  • Le repas, qui devrait être un moment simple, devient un acte technique, parfois anxiogène.

La peur de l’étouffement

  • Beaucoup de parents vivent avec une appréhension diffuse, parfois quotidienne.
  • Un simple toussotement peut déclencher une montée d’adrénaline.
  • Cette vigilance rend les repas mentalement épuisants.

Un sentiment d’isolement

  • L’entourage ne comprend pas toujours pourquoi « un simple repas » demande autant de préparation.
  • Les restaurants, fêtes d’enfants ou repas de famille deviennent des défis logistiques ou émotionnels.
  • Certains parents finissent par éviter ces situations pour protéger leur enfant… et se protéger eux-mêmes.

Une charge émotionnelle lourde

  • La culpabilité : « Est-ce que je fais assez bien ? »
  • L’inquiétude pour la croissance, la nutrition, l’avenir.
  • La frustration face aux délais médicaux, aux essais-erreurs, aux ajustements constants.

Une expertise qui se construit malgré eux

Avec le temps, les parents deviennent :

  • des spécialistes des textures,
  • des observateurs attentifs des signaux corporels de leur enfant,
  • des coordonnateurs entre orthophonistes, nutritionnistes et pédiatres,
  • des inventeurs de recettes adaptées,
  • des défenseurs de leur enfant dans les milieux scolaires et sociaux.

Et puis, il y a les victoires

Elles sont parfois petites, mais elles ont une valeur immense :

  • une nouvelle texture tolérée,
  • un repas sans stress,
  • un progrès en thérapie,
  • un sourire d’enfant qui mange avec plaisir.

 

Ce qu’on oublie trop souvent, c’est que les parents d’un enfant dysphagique ne cherchent pas la perfection.

Ils cherchent la sécurité, la dignité et le plaisir de leur enfant.

Ils avancent chaque jour entre la peur et l’amour, entre la technique et la tendresse.

Ils méritent d’être entourés, soutenus et compris.

Reconnaissance officielle du Mois de juin à la sensibilisation à la dysphagie

Reconnaissance officielle du Mois de juin à la sensibilisation à la dysphagie

ADMO CPAB / BSMA DGCAP (HC/SC

Bonjour Mme Grondin,

Merci pour votre courriel et pour avoir partagé vos préoccupations concernant la dysphagie. Nous apprécions votre engagement à sensibiliser la population à cette maladie.

Le gouvernement du Canada peut reconnaître une célébration nationale (journée, semaine ou mois) comme le Mois de la sensibilisation à la dysphagie par le biais de plusieurs mécanismes, tels qu’une déclaration de la ministre, une résolution du Sénat ou de la Chambre des communes tel que mentionné dans votre message, et enfin une loi.

Le moyen le plus courant pour le gouvernement fédéral de reconnaître une telle célébration est une déclaration de la ministre, qui n’a pas besoin d’être faite à la Chambre des communes, mais peut être effectuée par le biais d’une déclaration ministérielle sur une base annuelle.

À la suite de la réception de votre message, le tout sera porté à l’attention du bureau de la ministre afin que cette dernière option soit considérée pour le mois de juin 2026.

Également, à Santé Canada, nous recevons régulièrement des demandes pour reconnaître des événements de sensibilisation comme le Mois de la sensibilisation à la dysphagie.

Une façon de les reconnaître consiste à ajouter ces événements au Calendrier des journées relatives à la santé sur Canada.ca.

À la suite de l’examen de ce mois de sensibilisation par les experts du programme et de l’équipe de communications de Santé Canada, sur la base d’un ensemble de critères élaborés pour évaluer ce type de demandes, celle-ci a été jugée conforme aux critères établis.

Ainsi, Santé Canada reconnaîtra officiellement le mois de juin comme le Mois de la sensibilisation à la dysphagie et l’ajoutera à son calendrier dans les prochains jours.

https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/calendrier-journees-relatives-sante.html

 Meilleures salutations,

Laura Francis-Lamb

Conseillère, Bureau de la sous-ministre adjointe

Direction Générale des communications et des Affaires Publiques (DGCAP), Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada