Rubrique la dysphagie en CHSLD

Rubrique la dysphagie en CHSLD

Les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) accueillent des personnes en perte importante d’autonomie, souvent avec plusieurs conditions de santé (1). Dans ce contexte, la dysphagie est très fréquente : elle toucherait environ 60 % des résidents (2).

Les diététistes-nutritionnistes jouent un rôle central dans l’adaptation de l’alimentation. En collaboration avec la personne hébergée, ses proches et l’équipe de soins, elles déterminent la texture des aliments et la consistance des liquides.

 

L’alimentation adaptée en CHSLD 

Les services alimentaires en CHSLD préparent quotidiennement des repas adaptés à différentes textures : régulière, tendre, molle, hachée et purée.

Ces équipes assurent la production et la distribution de trois repas par jour, en respectant les recommandations nutritionnelles, les textures et les consistances prescrites. Une attention particulière est portée à la variété et au plaisir de manger, afin que les résidents puissent profiter d’une alimentation diversifiée, peu importe la texture requise. Par exemple, dans notre CHSLD, la poutine est offerte en version régulière, molle et purée, permettant ainsi à un plus grand nombre de résidents de savourer ce plat bien apprécié.

La technicienne en diététique vérifie que les aliments servis correspondent bien aux textures recommandées pour chaque résident. Elle s’assure aussi de réviser périodiquement les choix de repas avec les résidents en fonction de leurs préférences.

Les défis liés à la dysphagie

Comme diététiste-nutritionniste, une grande partie des défis liés à la dysphagie consiste à prévenir les conséquences qui peuvent y être associées, notamment la dénutrition et la déshydratation.

En CHSLD, un défi particulier réside dans l’adaptation continue aux besoins des résidents. En effet, plusieurs conditions de santé fréquemment rencontrées dans ces milieux, comme les troubles neurocognitifs ou certaines maladies neurologiques, sont évolutives. Les recommandations concernant la texture des aliments et la consistance des liquides doivent donc être réévaluées et ajustées au fil du temps, afin de demeurer sécuritaires et adaptées aux capacités de la personne.

D’autres défis sont aussi très présents en CHSLD. Par exemple, il faut réussir à maintenir le plaisir de manger malgré les adaptations de texture et de consistance, tout en trouvant des solutions lorsque celles-ci sont peu appréciées ou refusées par le résident.

Le rôle des familles et des proches

Les proches jouent un rôle important dans l’alimentation des personnes vivant avec la dysphagie en CHSLD. Comme partenaires, ils peuvent aider à favoriser le plaisir de manger et enrichir l’expérience des repas.

Ils peuvent :

  • Participer aux moments de repas
  • Informer l’équipe des préférences alimentaires de leur proche
  • Poser des questions sur les aliments permis
  • Apporter certains aliments (avec validation de la nutritionniste)

 

Questions fréquentes

  • Qu’est-ce qui cause la dysphagie chez mon proche hébergé?

En général, la dysphagie est un symptôme lié à une condition médicale, comme la maladie de Parkinson, les troubles neurocognitifs ou un AVC. En CHSLD, l’édentation et le vieillissement peuvent aussi contribuer aux difficultés de mastication et de déglutition observées.

 

  • Comment savoir si mon proche tolère bien ses aliments?

Certains signes peuvent indiquer une bonne tolérance, comme un repas complété sans difficulté majeure. À l’inverse, lors des repas, la présence de toux, de changements de voix ou d’une diminution de la quantité d’aliments ou de liquides consommés peuvent être des signes à surveiller et à signaler à l’équipe de soins.

 

  • La dysphagie peut-elle s’améliorer avec le temps?

Cela dépend de sa cause. Dans certaines situations, la dysphagie peut s’améliorer ou même se résorber, notamment après un AVC ou lorsqu’elle est liée à une condition pouvant être traitée. Toutefois, en CHSLD, elle est souvent liée à des conditions chroniques ou dégénératives, dont l’évolution peut entraîner une aggravation des difficultés à avaler. Les recommandations concernant la texture des aliments et la consistance des liquides sont donc réévaluées périodiquement afin de demeurer adaptées aux besoins de la personne.

 

  • Comment puis-je aider mon proche pendant les repas?

Les proches peuvent jouer un rôle important en partageant un repas agréable avec la personne hébergée. Ceux-ci peuvent aussi contribuer en créant un environnement calme, en encourageant sans précipiter le repas et en contribuant au plaisir alimentaire.

 

  • Le menu ne semble pas correspondre aux goûts de mon proche. Que puis-je faire?

Une technicienne en diététique est présente sur place pour réviser les choix de menu de votre proche, en fonction de ses goûts et des changements de menu.